S'attaquer aux lobbies de l'alcool

L'alcool est responsable de 49.000 décès en France chaque année ce qui en fait la deuxième cause de morts évitables après le tabac.

Comment l'alcool a gagné la bataille en France ?

La loi Evin de 1991 était accompagnée d’outils efficaces pour protéger des jeunes face à l’alcool et le tabac, notamment par l'application de règles précises en ce qui concerne le marketing commercial (un contenu des publicités limité pas d'influence néfaste).

Pourtant, quelque part, quelque chose a raté. Aujourd’hui, en France, les chiffres à propos de l’alcoolisme ne cessent d’inquiéter les professionnels du milieu.

Depuis la loi Bachelot de 2009, les opérations commerciales de type « happy hour » sont encadrées et les open bar interdits. Enfin, l’âge minimum requis pour acheter de l’alcool fut élevé à 18 ans (contre 16 auparavant). Il est démontré que plus les jeunes boivent tôt, plus ils deviennent sujets à des maladies liées à l’alcool et que la boisson pouvait causer des dégâts irréversibles sur leur cerveau.

La jeunesse, première cible des industriels

Mais comment en est on arrivé là ? Force est de constater, nous sommes désormais noyés par ces publicités qui devaient pourtant se montrer discrètes !

En 2009, nouveau coup dur, l’autorisation de la publicité pour l’alcool sur InternetL’industrie de l’alcool dépense 450 millions d’euros pour la publicité pour l’alcool, avec le Big Data, le ciblage n’a jamais été aussi simple. 

Par comparaison, en ce qui concerne le tabac, dont le marketing tombe également sous le joug de la loi de 1991 mais qui à la différence de l’alcool, n’a pas vu sa législation « flexibilisée », lorsqu’on les interroge sur le sujet, les mots « dangers » et « mort » leur viennent immédiatement à l’esprit.

Il s’agit donc bien d’une question de politiques publiques et non d’un sujet qui relève de la sphère domestique.

D’année en année, la Loi Evin a été minutieusement déconstruite sous la pression des lobbys des alcooliers. L’amendement à la loi Macron voté à l’Assemblée Nationale vide définitivement de sa substance la loi Evin ; c’est la goutte de trop !

Le discours a consisté à défendre des “produits identitaires” associés à la “culture” de la France et à systématiquement mettre en avant l’importance de la filière d’un point de vue économique (notamment en ce qui concerne les emplois – cet éternel chantage dans tous les secteurs). Des arguments qui ont pour objectif de jouer sur les émotions et les sensibilités de chacun tout en détournant le débat de ses aspects scientifiques ou sanitaires.

Un petit verre de vin, c’est bon pour la santé ! FAUX.

Mais leur coup de maître, c’est d’avoir réussi à insuffler dans le débat public l’idée qu’à doses limitées (le fameux « un verre de rouge »), le vin pouvait avoir des effets positifs sur la santé.

Combien de temps encore les intérêts économiques privés auront la priorité sur la santé des jeunes ?

Zoé