Publier des photos de ses enfants sur Facebook

Fiers de montrer l’évolution de leur progéniture, des couples n’hésitent plus à partager des images de leurs enfants avec leurs amis sur les réseaux sociaux. Le premier passage sur le pot, la première dent de lait tombée, les premières vacances… autant de moments immortalisés dans des albums Facebook ou sur Instagram, qui apparaissent sur les fils d’actualité des amis et sont stockés dans les serveurs de multinationales.

C'est une obsession narcissique des parents de vouloir partager le quotidien de leurs enfants comme ils partagent le leur. Considéré comme un acte anodin, cet étalage n’est pourtant pas sans danger.

Votre enfant peut se retourner contre vous au nom du droit à l’image

Certains enfants attaqueront leurs parents sur le Web dans une dizaine d’années. C’est certain. Là, il est trop tôt pour que cela arrive car les réseaux sociaux ne sont pas assez vieux. Les parents ont du mal à percevoir le côté négatif de leurs actes

En France, la loi est claire : l’article 226-1 du code pénal prévoit que toute personne ayant diffusé ou publié des images d’un tiers sans son consentement encourt une peine d’un an de prison ou une amende de 45 000 euros. Par ailleurs, l’article 9 du code civil garantit que « chacun a droit au respect de sa vie privée ».

Vos enfants deviennent la cible de possibles prédateur

Un des risques souvent évoqués qui découleraient de cette pratique est la récupération des images à des fins pédopornographiques. Dans les faits, et si votre compte Facebook n’est pas suffisamment protégé, vos amis et votre famille ne sont pas les seuls à avoir accès aux photos.

Des prédateurs peuvent potentiellement accéder à une banque d’images d’enfants en bas âge.

Une information à nuancer car le nombre de violences sexuelles dues à l’exposition de soi sur le Net est infime, en comparaison du nombre d’agressions sexuelles auxquelles les jeunes peuvent être confrontés dans leur vraie vie.

L’image de vos enfants peut être utilisée à des fins publicitaire

C’est peut-être le risque le plus insidieux et le plus réel. Lorsque l’on se crée un profil Facebook, les données que nous transmettons deviennent la propriété de l’entreprise. Le réseau social peut légalement utiliser les photos à des fins publicitaires.

Vous autorisez donc Facebook à être rémunéré par une entreprise pour afficher votre nom ou vos photos sans qu’il ne vous verse aucun dédommagement. Ce qui peut-être un choix assumé lorsqu’ils s’agit de vos photos l’est moins lorsque ce sont celles de jeunes enfants.

La Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) conseille de « tagger » (identifier) les images avec modération.

Bonne pratique : Partager les photos dans un cercle privé en changeant les paramètres de confidentialité, ne pas les “tagger” pour éviter une trop grande visibilité, ne pas accompagner les photos d’adresses et publier des photos lambda.

Mathilde