Parents

Rendez service à votre enfant, ne visez plus la perfection

Plus on en sait sur le fonctionnement des enfants, plus les conseils éducatifs se multiplient et plus les parents ont la pression. Et ça, à force (et paradoxalement), ça n’est pas très bon pour les mômes en question !

Entouré de spécialistes de l’éducation, Ali Rebeihi a consacré un épisode de son émission Grand bien vous fasse à cette quête inaccessible de la parentalité parfaite.

Sur le thème de l’éducation, tout le monde a désormais son mot à dire : les médias, les politiques, la famille, l’école, les psy… vigiehome :) si bien que nombre de parents finissent par craquer tout en remettant une partie de cette pression sur les épaules de leurs enfants (eh oui, être un parent parfait implique de fait un enfant parfait, or, l’un et l’autre n’existent pas davantage que les licornes ou la semaine des quatre jeudis.)

Conséquence de cet objectif illusoire que tout papa et toute maman doit viser sous peine d’être jugé : des parents qui tombent de haut et qui ont l’impression d’échouer. D’ailleurs, France Inter prévient d'emblée :

Si vous comptez vivre votre parentalité comme un sage bouddhiste, c’est raté. Si vous croyez à une parentalité lisse et sans accroc style électrocardiogramme de poule, ou d’un ours en hibernation, c’est raté aussi ! Parce que la parentalité cristallise les angoisses d’aujourd’hui.

Mais, ce qu’il y a de pire, c’est que ce sentiment d’échec ne fait qu’encourager les parents à davantage chercher des conseils. Tant mieux pour ceux qui en vivent : coachs scolaires, professeurs particuliers et éditeurs de bouquins.

Le mieux, suggère France Inter, est donc de renoncer illico à ce mythe de la parentalité parfaite, de lâcher prise, de prendre du recul et, même, de ne plus considérer le souci de bienveillance comme une injonction totale et permanente.

La mère imparfaite dit « non », elle fait des remarques sans se sentir coupable, elle accepte que ses enfants soient frustrés, mécontents de rencontrer une opposition, elle accepte de n’avoir pas toujours des activités extraordinaires à leur proposer pendant les vacances, d’être normale et ordinaire…

Et on y gagne quoi à accepter son imperfection ?

Sans être Folcoche, j’ai décidé d’arrêter de vouloir être une mère parfaite, parce que c’était épuisant. Surtout, je me suis aperçue qu’avec cette quête de perfection, je transmettais des valeurs contraires à ce que je voulais donner à mes enfants. Je voulais apprendre à mes filles à être humaines, imparfaites, parce que c’est ce qui fait leur beauté, leur unicité. Et que vouloir être parfait, c’est leur présenter un monde de perfection inatteignable, et ce n’est pas ce que j’ai envie de leur montrer. J’ai ressenti un grand soulagement. Même si au début, quand on fait le cheminement vers plus de flexibilité, de souplesse, vers une plus grande acceptation de ses limites, de ses faiblesses, on se sent un peu coupable. Mais le plus important c’est d’être fidèle à ce qu’on est et c’est une manière de vivre plus relaxante.

Comment rester zen en famille ?

Des parents en larmes au téléphone qui s’interrogent sur ce qu’ils pouvaient avoir raté. Des parents qui souffrent que leur enfants ne leur parlent plus, qu’ils restent dans leur chambre, qui dès qu’on leur adresse la parole, lèvent les yeux au ciel…

De l’autre coté, les ados des mêmes parents témoignent :

« mes parents ils sont chouettes, ils sont sympas… ». Et à la question qu’est-ce qu’un parent idéal ? Tous répondaient, même ceux qui étaient en tension avec leur famille, à un détail près, leurs parents ! » 

En résumé, pour être le meilleur parent possible, renonçons d’abord à être des parents parfaits !

L’article complet de France Inter est à lire ici, tandis que l’émission de Grand bien vous fasse avec Claude Martin, sociologue, Patrick Ben Soussan, pédopsychiatre, et Gwenaëlle Boulet, rédactrice en chef d’Astrapi, est à écouter en intégralité ici :

Pour aller plus loin, lire De l’art d’élever des enfants imparfaits, du pédopsychiatre Patrick Ben Soussan, disponible notamment chez Les Librairies indépendantes, à La Fnac ou sur Amazon.

Noémie