Macron, t'es foutu..

Au début, la contestation visait la taxe sur l’essence. Elle vient de la colère suscitée par la réduction de la vitesse à 80 km/h. Le sentiment de n’être ni écouté ni respecté, d’être méprisé. Les racines de la colère se trouvent donc dans l’exercice du pouvoir par le président Macron, avec ses propos parfois irresponsables (Jupiter, l’emploi de l’autre côté de la rue…).

La violence

Ce mouvement entretient un lien complexe à la violence. Au début, il semble n’avoir rien à voir avec elle. Les gilets jaunes ont été rejoints par des individus extérieurs au mouvement. Ceux-là, pour être entendus, rallient Paris où la violence rôde. Celle-ci trouve là, sinon une légitimité, du moins une certaine fonctionnalité, les gilets jaunes la rejettent mais y trouvent un sens.

Le mouvement sur la forme

Grâce à l'internet des réseaux sociaux, les gilets jaunes ont occupé non pas une ou deux places, mais tout le territoire. Cette articulation du virtuel et du territorial est d’une grande originalité et d’une grande intelligence. Les évolutions sont inquiétantes. Les demandes du mouvement montent comme une fusée folle. C’est son intérêt.

Les revendications

Au départ, la taxe carburant, que le pouvoir n’a pas traitée, ce qui avive un sentiment diffus d’injustice. Certains veulent la démission du Président ; d’autres la dissolution de l’Assemblée, ce qui veut dire une cohabitation. Il s’agit de contraindre Macron à s’aligner sur une ligne qui n’est pas la sienne, on voit poindre la tentation autoritaire.

Comparaison avec le Brésil

Explosion sociale au Brésil en 2014, à la veille de la Coupe du monde qui se finit avec Bolsonaro. Le sujet, pour l’instant, n’est ni l’immigration ni la laïcité ou l’identité, mais ça pourrait le devenir. On est peut-être comme le Brésil en 2014..

La porte de sortie

Le gouvernement doit formuler des propositions fortes qui fassent retomber la fièvre en donnant de vraies satisfactions aux revendications sociales. Et vite, car d’autres milieux se mobilisent : les universités, les lycées, le monde rural… autant d’univers qui ont chacun leurs problèmes.

La suppression d’une partie de l’ISF : pourquoi les bénéficiaires ne mettraient-ils pas la main à la pâte ? Les grandes entreprises, le monde de la finance que l’on n’entend pas ? Le pouvoir pourrait leur demander de participer à l’effort collectif.

Mathilde