Loon

Le projet qui ne manque pas d'air

C'est le principe de l'ingénieux projet démarré en 2011 par l'entreprise Google : Loon.

Délirant (loon signifie justement "délirant" en anglais, et joue avec le mot balloon, "ballon"), et pourtant çà fonctionne ! Google l'a testé en Nouvelle-Zélande en 2013, au Brésil en 2014, puis au Sri Lanka (au Sud de l'Inde) en 2016.

Au départ, le ballon au sol est d'apparence flagada mais son enveloppe va se tendre car l'hélium qu'elle renferme prendra plus de place au fur et à mesure qu'il grimpe. Ces ballons de 15 m de large sont envoyés à 20 km d'altitude, bien au dessus des avions de ligne et des gros nuages. Ensuite, tout fonctionne en réseau.

QUE D'ONDES, QUE D'ONDES...

Ondes wi-fi, ondes millimétriques, ondes radio 3G ou 4G... Quel fouillis !

Pour vous y retrouver, voici ce qu'il faut retenir : toutes sont des ondes électromagnétiques, c'est à dire des vagues d'énergie. Qui voyagent très vite (à la vitesse de la lumière... qui est aussi une onde électromagnétique) et très loin, sans support matériel (sans fil).

Ce qui les différencie, c'est leur longueur d'onde (la distance entre deux crêtes ou deux creux de la vague), qui détermine leur fréquence (le nombre de vagues qui passent en une seconde). Les ondes wi-fi, par exemple, ont deux longueurs d'onde précises, 6 cm et 12 cm : autrement dit, elles "circulent" exclusivement sur ces deux voies qui leur sont réservées.

Les réseaux de téléphonie mobile (2G, 3G et 4G) occupent des voies réservées de 47 cm à 7 cm. Toutes ces ondes dites "centimétriques" ont l'avantage de franchir les obstacles terrestres, comme les murs des maisons. Mais leur réseau est saturé : il n'y a plus de place pour tracer des nouvelles routes.

D'où l'intérêt des ondes "millimétriques" : d'une longueur d'onde comprise entre 1 mm et 1 cm, elles peuvent emprunter des tas de voies disponibles. Uniquement vers le ciel, car elles ne se propagent pas très bien à travers les obstacles.

Un ballon Loon, voguant au gré des vents à environ 20 km d'altitude, capte un signal 4G venu d'une antenne relais fixe au sol. Puis il relaie le signal aux ballons les plus proches qui font de même jusqu'à plusieurs centaines de kilomètres à la ronde, jusqu'à ce que la connexion soit établie entre le point d'accés et un utilisateur isolé. Chaque ballon peut transmettre le signal jusqu'au sol, offrant un accés internet à une zone d'une superficie d'environ 40 km2 située en dessous de lui.

De ce fait, un point d'accés internet fixe peut relier des populations à plusieurs centaines de kilomètres de lui si plusieurs ballons relais se trouvent dans les parages.

On dirige les ballons depuis le sol en jouant avec la direction des vents, qui change selon l'altitude. Par exemple un ballon poussé vers l'est, reçoit une commande de vidage d'une poche d'air interne. Plus léger, il s'élève jusqu'à une couche de vents soufflant vers l'ouest et pour redescendre, il suffit de regonfler la poche d'air.

On oublie les kilomètres de câbles à dérouler et on s'affranchit des barrières géographiques (mers, montagnes...). Avantages de cette solution : son faible coût et sa facilité de production.

Google se dit capable de produire des douzaines de ballons chaque jour !

Mathilde