L’Iran n’a pas les moyens de ses ambitions

Quelque chose de cocasse s’est dressé sur le sentier de la guerre emprunté par les États-Unis et l’Iran : Téhéran vient de comprendre qu’il ne faisait pas le poids. Jusqu’à la semaine dernière, l’Iran menait une quasi-guerre, avec des attaques contre des pétroliers internationaux et des installations pétrolières saoudiennes. La confiance régnait d’autant plus à Téhéran que tous les experts signalaient que l’Iran était en train de “gagner la bataille du Moyen-Orient”.

Ce que l’Iran a appris la semaine passée dans son face-à-face avec les États-Unis est une dure leçon de géopolitique : on ne peut pas être une puissance régionale, et encore moins une puissance mondiale, si on ne dispose pas de l’économie et de la technologie nécessaires pour asseoir cette ambition. Les milices, les vedettes militaires et même les drones les plus sophistiqués ne mènent à rien.

Un effort de guerre insoutenable à long terme

Être une véritable puissance, cela signifie pouvoir subventionner des alliés, investir des ressources financières considérables dans une industrie d’armement et développer les armes de haute technologie que nécessitent les guerres d’aujourd’hui. Or, tout cela exige un effort financier qu’une économie de deuxième ordre comme celle de l’Iran ne peut soutenir sur le long terme.

Les sanctions imposées par Donald Trump ont coûté très cher à l’économie iranienne. Le Fonds monétaire international (FMI) estime que le PIB iranien diminuera de 9,5 % en 2020. Mais même si Trump n’avait pas agi de la sorte, Téhéran aurait eu du mal à maintenir sa tendance à vouloir s'étendre au delà de ses frontières.

Jules