Les animaux délinquants

Que dit la loi ?

Actuellement qui est légalement responsable quand un animal a fait du grabuge ?

A peu près partout dans le monde, s'il s'agit d'un animal domestique, c'est à son maître que l'on demande des comptes. Si c'est une bête sauvage, personne n'est responsable, sauf si l'animal est en captivité dans un zoo, par exemple.

Mais autrefois, il en allait autrement.

Jusqu'à la fin du XVIe siècle, tout animal accusé d'un délit était jugé, après enquête et accompagné d'un avocat pour le défendre. Le juge - qui était alors un évêque - pouvait ensuite le punir, plus ou moins sévèrement. La sentence la plus courante était un ordre d'expulsion.

Quantité d'insectes ou de petits bestiaux gloutons ont ainsi été condamnés à quitter les champs où ils ruinaient les récoltes. Un envoyé venait lire le verdict aux coupables, qui bien sûr n'avaient pas pris la peine de venir au procès. Et qui, en plus, ne respectaient pas souvent la sentence !

Les chats et autres animaux domestiques, en revanche, échappaient rarement à leur condamnation... Vers 1520, un certain Barthélémi Chassanée s'est rendu célèbre en défendant avec brio des rats accusés de vol de blé à Autun. Arguant que les rats n'étaient pas présents à leur procés, il a fait reporter l'audience plusieurs fois. Il a également fait envoyer des convocations à chaque rat, demandé que leur protection soit assurée pour leur trajet sur les routes et exigé la mise à l'écart des chats de la ville !

Quand le procès a enfin eu lieu, huit ans plus tard, les fermiers avaient un peu oublié leur colère. Ils étaient mûrs pour les  arguments de Chassanée : les rats avaient faim et la Bible conseille de partager !

Jules