Les agriculteurs

En 2015 un agriculteur français sur trois touchait moins de 350 euros par mois, c'est 200 euros de moins que le RSA. Conséquence  au mieux les agriculteurs s'endettent au pir ils mettent simplement la clé sous la porte.

En cinquante ans le nombre d'agriculteurs en France a ainsi été divisé par quatre.

Mais alors pourquoi certains agriculteurs n'arrivent-ils plus à vivre de leur travail ?

Et bien à cause du libéralisme. Pendant longtemps le marché agricole français a été très régulé d'abord par l'état puis très vite au niveau européen. C'est pour cette raison qu'a été créé la PAC Politique Agricole Commune mise en place dans l'union européenne à partir de 1958.

Prenons un exemple : pour contrer la chute du prix du lait et assurer la survie d'une grande partie des agriculteurs bovins l'Europe met en place les quotas laitiers en 1984. Chaque éleveur européen dispose ainsi d'un nombre maximum de litres de lait à produire sous peine de payer une amende, résultat moins de lait produit et des prix qui restent hauts et stables.

En France beaucoup d'exploitations laitières ont longtemps survécu grâce aux quotas. Mais ailleurs en Europe tout le monde n'est pas aussi satisfait. Les exploitations laitières plus grosses qu'en France préfèreraient pouvoir produire plus pour réaliser des économies d'échelle. Et puis en 2015 après 31 ans de bons et loyaux services, c'est la fin des quotas laitiers.

Comme prévu les éleveurs européens ont commencé à acheter beaucoup de vaches pour produire plus de lait ce qui a entraîné une baisse radicale des prix. Début 2016 le kilo de boeuf se négociait à 1,10 euros alors que les éleveurs français estimaient le prix minimum pour se rémunérer à 1,40 euros. Pour survivre une seule solution grossir pour produire beaucoup et compenser.

C'est ce qui est entrain de se passer dans la plupart des filières agricoles. Les petites exploitations ont tendances à disparaitre et celles qui survivent deviennent plus grosses.

Résultat : les grandes entreprises agricoles représentent aujourd'hui 40% des exploitations contre 12% en 1988 et dans le même temps le nombre total d'exploitation a presque été divisé par deux.

C'est la victoire de l'agriculture de firme et la défaite de l'agriculture familiale à la française.

Zoé