Le tatouage

Le tatouage est-il à la mode en France ?

En 2016 14% des Français se sont déjà fait tatouer soit 4% de plus qu'en 2010. Les marins au XVIIIe siècle, ont été les premiers à diffuser cette mode en Occident, inspirés par les tatouages des tribus polynésiennesqu'ils découvraient dans le Pacifique Sud. Ensuite se sont les bagnards et les prisonniers qui s'en sont emparés. Puis aux Etats Unis les bikers et les rockers à partir du milieu du XXe siècle.

Un premier tournant s'amorce dans les années 1980 lorsqu'aux Etats Unis, des tatoueurs s'inspirent des traditions japonaises et tribales ; le tatouage devient plus personnel, plus artistique. Des conventions internationales s'organisent, des magazines spécialisés paraissent... et les tatoueurs instaurent des règles d'hygiène.

Du coup la pratique a meilleure réputation et au milieu des années 1990, elle séduit une clientèle plus nombreuse, moins marginale et plus féminine. Dès lors les tatouages s'exposent plus facilement sur des parties du corps. Notamment chez les stars du sport, du cinéma ou de la chanson, qui deviennent des modèles pour le grand public. Pour répondre à cet engouement en France 15 boutiques en 1982, il serait plus de 4000 aujourd'hui.

Qu'est ce qui pousse à se faire tatouer ?

Pour certains, le tatouage est une façon d'inscrire dans sa chair de façon indélébile le rappel d'un évènement important (naissance d'un enfant, perte d'un être cher...) ou un message personnel, parfois compréhensible seulement par la personne tatouée. Pour d'autres, le tatouage peut aussi être un signe d'appartenance  à un groupe ou une culture. Voire une façon pour certains jeunes d'affirmer leur indépendance à leur majorité. Car en France, un mineur ne peut pas se faire tatouer sans un accord écrit des parents et leur présence au moins lors de la prise de rendez vous.

Dans tous les cas choisir un joli tatouage qui embellira le corps est un critère clé avant de passer à l'acte. Car aujourd'hui on se fait de plus en plus tatouer par pur intérêt esthétique... Souvent ceux qui se laissent tenter deviennent des collectionneurs. 61% des tatoués envisagent de le refaire.

Et le tatouage suite à un pari perdu ou sur un coup de tête ? Ne croyez pas que cette pratique a disparu, mais c'est contraire à ce que le tatouage représente aujourd'hui : une forme d'expression personnelle mûrement réfléchie sans compter qu'il faut un studio qui accepte de tatouer sans rendez vous préalable.

Pourquoi faut il réfléchir avant de se lancer ?

Parce qu'un tatouage n'est pas anodin et qu'il est définitif. Il consiste en effet à injecter de l'encre sous la peau, entre l'épiderme et le derme à une profondeur de 1 à 4 mm (selon les endroits du corps). Cette injection se fait grâce à un dermographe, dont les aiguilles minuscules (au moins 3) montent et descendent à très grande vitesse pour percer la peau et déposer l'encre.

Contrairement aux couches supérieurs qui se renouvellent, les couches profondes de la peau restent en place... et l'encre qui est piégée aussi. Quand il est très visible, un tatouage peut avoir un impact sur la vie professionnel. D'après une étude américaine de 2014, 76% des personnes interviewées soupçonnent leur tatouage ou leur percing d'avoir réduit leurs chances d'obtenir un travail, et cela même si la pratique se banalise. Voilà se qui pousse à réfléchir sur la taille et à la localisation du motif.

Les tatoueurs conseillent aussi de prendre le temps de se familiariser avec différents styles qui existent pour ne pas être guidé uniquement par les tendances. Dans les années 1990, les têtes d'indiens, et les dauphins étaient en vogue, détrônés, dans les années 2000, par les motifs tribaux dans le bas du dos.

Aujourd'hui c'est le symbole ∞ infini qui est à la mode... Un tatouage finit toujours par être démodé, pourtant il doit continuer à plaire à son propriétaire. Voilà pourquoi les bons tatoueurs conseillent et préviennent leurs clients que sur certaines zones du corps, comme les articulations (chevilles, poignets...), les motifs s'abîment très vite.

Un tatouage, est-ce vraiment pour la vie ?

Oui car il n'existe aucune méthode d'effacement totalement efficace. Sur certaines zones du corps, sous anasthésie locale, il est possible de retirer un morceau de peau pour enlever un petit motif. Mais cet acte chirurgical laisse une cicatrice. Pour les motifs plus gros, les dermatologues spécialisés enlèvent les tatouages au laser : le faisceau de lumière concentré casse l'encre en petits morceaux, éliminés naturellement par l'organisme. Assez efficace avec le noir et le bleu foncé, cette méthode l'est moins pour le vert et le bleu clair. Le résultat n'est pas garanti à 100%, c'est une procédure longue et douloureuse qui coûte très cher.

Un tatoueur peut aussi recouvrir un motif avec un nouveau tatouage forcément plus gros, plus foncé, donc difficile, voire impossible à recouvrir à son tour. Et les tatouages semi permanents proposés notamment par des esthéticiennes ? Ils sont censés disparaître en quelques années lorsque la couche superficielle de la peau s'est complètement renouvelée. Mais en réalité, une partie de l'encre atteint souvent une couche trop profonde qui ne se renouvelle pas. A moitié effacés les motifs ne ressemblent plus à rien.

Est-ce dangereux pour la santé ?

Non à condition que le tatoueur et tatoué respectent quelques règles !

Côté tatoueur, le studio doit être d'une hygiène irréprochable. Les surfaces en contact avec la peau doivent être changées entre chaque client. Les aiguilles à usage unique doivent être présentées dans un emballage fermé avec une date de péremption et un témoin de stérilité...

Et côté tatoué ? Même si les contre indications totales sont rares, le futur tatoué à intéret à parler de son projet à son médecin, surtout s il souffre d'une maladie de la peau, de diabète ou qu'il est sous traitement médical. Tatouer un grain de beauté ou une cicatrice due à un cancer de la peau est par exemple fortement déconseillé !

A la sortie du studio, un tatoué à l'équivalent d'une plaie sur toute la surface du tatouage. Tant qu'elle n'est pas cicatrisée, elle peut s'infecter. Pour éviter çà, il doit respecter pendant  environ trois semaines le protocole de cicatrisation : pommade trois fois par jour, pas d'exposition au soleil, de baignade, ni de musculation... C'est très contraignant mais indispensable. D'autant qu'un beau résultat dépend au moins en moitié du respect de ces mesures pendant la cicatrisation.

Quand les régles sont respectées, les infections sont rares et sans conséquence grave pour la santé.

Finalement, la complication la plus fréquente reste l'allergie : gonflement de la peau, rejet du pigment, démangeaisons. Ces intolérances, peu courantes, se traitent facilement. Paradoxalement les faux tatouages au henné noir qu'on se fait taire en bord de plage de simples peintures  sur la peau en provoquent de plus graves et de plus fréquentes. Non à cause du henné qui est naturellement rouge mais à cause des produits souvent interdits dans les cosmétiques  qui y sont ajoutés pour le noircir.

Jules