Le Soleil d'Orient

Depuis 50 ans les chasseurs de trésors, historiens et sociétés d'exploration sous-marine déploient des moyens parfois énormes dans l'espoir de retrouver le Soleil d'Orient. En vain, s'il fait l'objet de tant de convoitises, c'est que ses cales recèleraient un fabuleux trésor.

Il transporterait en effet les ambassadeurs du roi du Siam (l'actuelle Thaïlande) à destination de la cour de Louis XIV, quand il fit naufrage en 1681, au large de l'île de Madagascar, ne laissant aucun survivant.

Or ces éminents diplomates ne voyagaient pas les mains vides. On sait de manière quasi certaine qu'ils portaient des lettres écrites sur d'épaisses feuilles d'or de 30 cm par 20 cm environ, à destination de Louis XIV et du pape innocent XI. Pour le reste de la cargaison, en revanche, les avis divergent selon les sources.

De l'Orient à Lorient

La plupart des historiens, notamment du XIXe et du début du XXe siècle, restent assez évasifs, indiquant que les ambassadeurs du Siam apportaient « des masses de présents », « très rares et très estimés ». La présence de 2 éléphants et d'1 couple de rhinocéros est aussi évoquée. L'historien Pierre Magris est le plus précis. Il décrit « des comptoirs, buffets et cabinets, coffres, tables et boites curieuses du Japon, des robes de chambre du même pays, des ouvrages de soie, des vases d'or et d'argent, des paravents de Chine de grandeurs différentes et plusieurs autres pièces ». Ce que l'on sait, en revanche, grâce aux documents de l'époque, c'est que le SOleil d'Orient transportait une grande quantité de poivre, épice alors très précieuse. Bref à y regarder de près, l'essentiel de la cargaison n'a probablement pas résisté à la longue immersion dans l'eau de mer. Adieu le trésor...

Au fait, pour l'anecdote, c'est ce navire qui aurait donné son nom à la ville de Lorient en Bretagne. Construit dans les chantiers navals à proximité de Port-Louis, dans le Morbihan, il suscitait l'admiration des ouvriers et artisans qui le cotoyaîent. Pas étonnant car le navire était deux fois plus grand que la moyenne de l'époque.

Il mesurait 41 m de long pour 12 de large, et était armé de 60 canons. Il était si remarquable que les habitants de la région avaient coutume de dire qu'ils allaient à « L'Orient », en parlant des chantiers navals. Et c'est ce nom, Lorient qui sera retenu pour baptiser la ville qui s'y développera par la suite.

Noémie