Le port de Talais

Un peu d'histoire

Le port de Talais s'inscrit dans l'histoire des « mattes » du bas Médoc et dans celle de l'ostréiculture. Les « mattes » sont des polders réalisés à partir du 17ème siècle, avec l'aide des hollandais pour assainir et mettre en exploitation les terres alluviales qui bordaient la Gironde.

Polder : Terre endiguée et drainée, dont le niveau est inférieur à celui de la mer.

Pour cela ont été réalisés une digue de protection et un réseau hydraulique qui draine l'ensemble des terres intérieures avec un chenal principal d'évacuation vers le fleuve.

C'est sur ce chenal, commandé par une écluse, qu'a été implanté un port, en limite des polders.

Il a été, depuis la fin du XIXème siècle jusqu'à 1970, le siège d'une activité ostréicole intense. La profusion d'huitres qui naissaient et se développaient dans les parcs implantés sur le banc de Talais, entrainait un travail permanent de pose de matériaux de captage puis de récolte et de transport des huitres vers le port où les femmes « détroquaient » (détachaient) les huîtres et les calibraient en vue d'expédition vers Arcachon.

Une centaine de petits bateaux, les « Callups » et une cinquantaine de cabanes animaient les lieux.

Le projet de zone industrialo portuaire et les travaux réalisés au Verdon ont conduit à l'expropriation puis à l'envasement partiel des parcs avant que la mise en évidence de cadmium provoque l interdiction de récolte d'huitres et son abandon.

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Recréé par la Commune de Talais en 2010, comme port d'intérêt communal à vocation principale de halte de plaisance, le port reprend vie grâce à la réhabilitation de cabanes, à la réfection des berges, à la réalisation d'aménagements et à la reprise d'une activité ostréicole, avec le concours du Syndicat des bassins versants et de la Communauté de Communes de la Pointe du Médoc.

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Les activités portuaires

La vocation touristique du port est aujourd'hui essentielle.

Il accueille des bateaux « pêche, promenade » de moins de 10 m, une petite restauration se développe dans des cabanes, tandis que des animations ponctuent la période estivale.

En particulier, la fête de l'huitre, le 2e Samedi de Juillet attire un grand nombre d'amateurs de produits de la mer.

La régression du cadmium et la resistance des huitres de l'estuaire permettent d'entrevoir une reprise de l'activité ostréicole qui se manifeste déjà une forte progression de captage de « naissain » en vue d'élevage à Arcachon ou Marennes.

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Le saviez-vous ?

Les rivages de la Gironde sont pris dans une véritable gangue d'alluvions faite de vase, de boue, de terre...

Cette marge fangeuse n'appartient plus vraiment à l'élément liquide quand la marée est basse, mais elle n'appartient pas non plus complètement à la terre ferme quand la marée est haute.

Seuls les petits cours d'eau : étiers, esteys, chenaux ou jalles font le lien entre ces deux mondes à l'image du petit chenal de Talais qui se forge et force un passage ou un chemin long, sinueux et presque en s'égarant dans cet étrange monde pris entre terre et mer, entre flux et reflux.

Noémie