Le glyphosate

Pas dangereux, le glyphosate, les pesticides ?

Demandez-donc aux Argentins.

En vingt ans, la Pampa et ses paysages mélancoliques, naguère peuplée de paysans à cheval, a été colonisée par les cultures OGM de soja, blé et maïs. Et bombardée de glyphosate.

Quand la France utilise 10 500 tonnes de glyphosate par an (dont 5 600 environ pour l’agriculture), l’Argentine, elle, en disperse plus de 300 000 tonnes. L’équivalent d’un supertanker. Ceci sur une surface dédiée au soja de 20 millions d’hectares, soit l’équivalent d’un tiers de la France métropolitaine (et presque autant que la totalité de la surface agricole hexagonale). Il n’occupait que 5 millions d’hectares en 1990.

Le soja, depuis vingt ans, c’est l’or blond de l’Argentine. La technique de culture est simple : on sème sans avoir labouré, directement sur ce qui reste de la culture précédente. Le sol n’est jamais à nu, ce qui limite son érosion et lui apporte de l’humus. Pour la moitié des propriétaires, le travail du semis, des traitements et de la récolte st entièrement sous-traitée à de grandes entreprises équipées d’engins puissants et d’agronomes efficaces.

Le soja a été très rentable. Le cours est en croissance régulière. S’il a flambé comme tout le reste jusqu’au krach de 2008, et qu’il s’est effondré, comme tout le reste, aussitôt après, il a vite remonté et même s’il se tasse ces dernières années, reste, sur 30 ans, tendanciellement en hausse.

Avec de terribles dégâts sur la santé des enfants et des adultes. Cancers, malformations, troubles de la thyroïde, se multiplient. Quant aux sols, ils perdent vie. N’absorbent plus les pluies, qui inondent champs et villages et transmettent les polluants aux nappes phréatiques, aux rivières. Comble du comble : l’herbicide censé tuer toutes les plantes non désirées a engendré plus de 30 variétés qui lui sont désormais résistantes ; les rendements ont baissé, le coût des traitements a augmenté, la rentabilité a chuté.

Aurore