Le chiffre d'affaires progresse

 Grâce à la France, l'Italie et le Royaume-Uni, le chiffre d'affaires a progressé de 3,7% (ou 3,0% en organique) à 20,45 milliards d'euros sur les trois premiers mois de l'année, indique l'électricien EDF dans un communiqué. C'est un peu moins bien que les 20,70 milliards qui étaient attendus en moyenne par les analystes, selon un consensus établi par FactSet.

En France, son principal marché, les activités de production et commercialisation ont modestement progressé (+0,2%) mais les activités régulées (+6,7%) ont bénéficié de la hausse des tarifs de distribution pour un montant estimé de 124 millions d'euros et d'un effet climat favorable chiffré à environ 90 millions d'euros.

Les productions hydraulique et nucléaire ont progressé sur le trimestre grâce, respectivement, à une meilleure pluviométrie et une meilleure disponibilité des centrales nucléaires. Ces améliorations ne se reflètent pas dans le chiffre d'affaires mais auront un impact positif sur l'excédent brut d'exploitation (Ebitda), note EDF. EDF note d'ailleurs que sa production du début de l'année est "cohérente avec l'hypothèse d'une production nucléaire 2018 supérieure à 395 TWh" (térawattheures), ce qui correspond à la prévision donnée jusqu'ici.

L'activité a également bien progressé (+4,8%) en Italie, aussi bien dans l'électricité que le gaz vendus aux particuliers. Au Royaume-Uni (+0,4%), elle a bénéficié d'une hausse des tarifs résidentiels. Pour 2018, le groupe confirme ses objectifs financiers et vise notamment un rebond de son excédent brut d'exploitation (Ebitda), attendu entre 14,6 et 15,3 milliards d'euros.

Tarifs réglementés

Par ailleurs, EDF "a pris note" des conclusions du rapporteur public du Conseil d'Etat, qui a estimé vendredi dernier que les tarifs réglementés de vente d'électricité n'étaient pas conformes au droit européen, a indiqué le directeur financier Xavier Girre lors d'une conférence téléphonique avec des analystes financiers. Cela pourrait signifier la disparition future de ces tarifs dits "bleus" appliqués à des dizaines de millions de clients d'EDF.

"Le rapporteur a confirmé que les tarifs réglementés servent l'intérêt économique général, ce que nous avions souligné, mais elle a estimé que la mesure elle-même n'était pas proportionnée et par conséquent ne respectait pas la loi européenne", a observé Xavier Girre. La décision a été mise en délibéré et devrait être rendue publique d'ici quelques semaines. Les conclusions du rapporteur public sont généralement suivies.

La fin des tarifs "jaune" et "vert", qui s'adressaient aux entreprises et ont déjà été supprimés début 2016, a eu un effet "très significatif" parce qu'EDF a alors dû renégocier avec tous ses clients, a souligné Xavier Girre. "Mais clairement il n'y a pas de rapport entre les tarifs jaune et verts et les tarifs bleus", a-t-il estimé. Il n'a cependant pas voulu donner une estimation de l'impact financier de la fin des tarifs bleus tant que la décision du Conseil d'Etat n'a pas été rendue.

Jean-Pierre