Le bonheur de l'ingé

Au programme « le sens », « le bonheur » « et la joie au travail » plutôt que  « le sacrifice », « le sérieux », « la compétitivité » ou « l’excellence ».

Mettre à profit son savoir-faire dans des technologies qui remplacent ce qui se fait mais avec des techniques plus simples et plus sobres.

Ce rendre compte que nous, les plus vieux, n’avons rien à apprendre au jeune, et que bien au contraire, nous ferions mieux de plus vous écouter. Quand nous voyons les valeurs de consommation, d’égocentrisme, de compétition et de croissance continue, sur lesquelles les deux générations précédentes ont bâti le système dans lequel on surnage pour l’instant, et quand nous voyons les élans de solidarité, d'empathie, de collaboration, et de quête de sens qui brillent au fond des yeux des jeunes aujourd’hui…

Les jeunes sont ceux qui peuvent inverser la tendance vers une société plus heureuse et plus juste…

Depuis 5 ans, on dépense plus en malades de longue durée (essentiellement des dépressions et des burn-outs), qu’en charges liées au chômage. Cela veut donc dire que vous avez plus de risque de tomber malade ou de devenir dépressifs à cause de votre emploi, que de ne pas en trouver.

C'est très simple placer des termes anxiogènes comme le « sérieux », l' »excellence », la « compétitivité » ou le « sacrifice » au centre de notre vie, sans en placer d’autres, essentiels, comme « la joie », « le sens » ou « la collaboration », c’est prouvé, cela ne peut que mener à la tristesse, à la fatigue, et au final, à la maladie… au burn-out.

Oui le bonheur, ça se travaille. Le bonheur ne nous tombe pas du ciel. (…) La mauvaise nouvelle, c’est que trouver son bonheur ça prend toute une vie. La bonne nouvelle, c’est que lorsque l’on sait que ça prend toute une vie, on peut se donner le temps.

L'indispensable est d’écouter ses propres envies, d’écouter sa voix intérieure. Cette voix intérieure n’a rien de mystique, c’est juste la propre voix de chacun, cette voix authentique qui n’a de compte à rendre à personne, celle qui vous prend aux tripes. Elle est très difficile à entendre parce que depuis tout jeunes, nous avons entassé d’autres voix par-dessus : la voix des parents, des professeurs, des pubs…

Lorsque vous regardez des enfants, vous vous rendez compte qu’ils n’ont encore que cette voix-là, leur juste voix, et c’est justement pour ça qu’ils savent exactement ce qui les rend heureux à chaque instant.

Nous avons tous en nous la voix qui sait ce qui est mieux pour nous. Il faut juste du travail sur soi pour l’entendre et la reconnaitre.

Nous savons tous que nous sommes mortels, mais la nuance est énorme entre savoir que nous sommes mortels et savoir que nous allons mourir, et que ça peut arriver du jour au lendemain.

A ce moment-là, ma voix intérieure a pris un mégaphone et a percé toutes les autres voix, pour me demander chaque jour très clairement : « maintenant que tu sais que tu pourrais mourir demain, aurais-tu changé quelque chose à cette dernière journée que tu viens de passer ? »

Et c’est impossible de vivre comme avant lorsque l’on se pose cette question à la fin de chaque journée. Cette prise de conscience a été douloureuse au début. De là sont nés d’abord de petits changements, des compromis, puis des plus grands, et puis petit à petit, cette voix est devenue un guide sur le chemin vers le bonheur.

Pour être heureux, il faut aussi trouver du sens. Je pense qu’il faut que notre vie à tous (et donc notre métier, où nous passons 8h par jour) ait du sens à nos yeux. Car notre voix intérieure sait que nous sommes tous sur le même bateau, et le bonheur ne pourra donc être atteint que si nos actions ont un impact réel sur ce bateau.

Et pour finir, il nous faut aussi du courage, parce qu’en plus d’entendre et de reconnaître notre voix, il faudra aussi avoir le courage de l’écouter, car elle ne va pas toujours dire des choses évidentes à mettre en place, ni des choses qui vont plaire à votre entourage.

Alors ne m’écoutez pas, écoutez vous.

Vous êtes des adultes, la vie est à vous. Alors n’écoutez plus les voix issus de ce monde périmé, de ce constat d’échec que nous vivons. N’écoutez plus les parents, n’écoutez plus les professeurs, n’écoutez plus les pubs ni les médias, et écoutez-vous en tout premier.

Le monde n’a plus besoin de battants, de gens qui réussissent, il a besoin de rêveurs, de personnes capables de reconstruire et de prendre soin… et surtout, surtout, on a tous besoin aujourd’hui, plus que jamais, de gens heureux.

Merci.

Zoé