La revanche des beaufs

Et un jour les beaufs ont conquis l'Amérique... Le beauf Trump a été élu à la présidence suprême. Sur l'ensemble du peuple américain, c'est la fraction la plus beauf, la moins éduquée, la plus sectaire, la plus fermée, la plus effrayée par la mondialisation, la plus paniquée par l'afflux d'immigrés mexicains et musulmans... et disons le clairement, la plus con que l'on doit la victoire du gros blond à la grande mèche.

Les cons ont gagné et une bonne partie de l'Amérique n'en revient pas. Mais comment est ce possible ? Comme si c'était impensable, impossible comme s'ils découvraient cette partie de la nation qui a voulu prendre le pouvoir.

C'est Donald qui a été élu, ce gros type vulgaire plein de fric et d'arrogance, magnat de l'immobilier, ex-présentateur de télé-réalité, mufle, macho, sexiste, raciste... qui parle fort mais creux.

Trump est le symbole de la vengeance des cons. L'homme désigné par les plus bêtes des Américains pour faire payer aux élites et aux gauchistes sans morale leurs rêves d'une société moins con, plus juste et plus ouverte.

Nous vivons une époque effrayante, pendant des années les idées progressistes étaient à la mode, il fallait avancer, inventer, innover, surprendre... s'ouvrir, mixer, mélanger... mais une fracture s'est créée entre ceux qui avançaient et ceux qui avaient l'impression d'être laissés sur place.

Alors les idées à la con sont redevenues à la mode. L'avenir est sombre, le "facile à penser" envahit l'espace, les cons ont leur chance.

Il est donc venu, le temps des bouffons ? Nous allons vivre le triomphe des imbéciles ? Le règne des cons ? La civilisation des aigris et des frileux ? Gagné pour les xénophobes, les racistes, les démagogues et les populistes ?

Partout dans le monde, les bouffons se sentent pousser des ailes : Erdogan se prend pour le sultan, le grotesque Kim Jong joue au tyran. En Pologne les cathos détricotent la démocratie. Marine Le Pen veut sortir de l'Europe, Méléchon, la tête à claque, aussi !

Des dirigeants durs et fermés, des dictateurs, il y en a hélas toujours eu, mais aujourd'hui ce qui frappe c'est qu'ils se présentent comme "modernes", défenseur des "racines de leur peuple", garant de leur identité contre la méchante mondialisation "dans l'air du temps", avec le vent en poupe.

Faut il que le futur soit incertain et l'avenir si sombre, faut il que tout espoir soit discrédité et la méfiance généralisée, faut il que les élites soient discrédités à ce point... pour que les mots des cons deviennent des slogans porteurs, pour que les peurs des peureux deviennent des commandements, les hurlements des aigris des cris de ralliement et les injonctions des religions les plus rétrogrades des élans sacrés ?

Zoé