Fessenheim

La centrale de Fessenheim vient d'avoir 40 ans

Elle vient ainsi d’atteindre sa date limite d'exploitation. Elle est la centrale plus âgée de France et ses deux réacteurs sont parmi les 20 plus vieux en Europe. Cette centrale, aussi vieille que le minitel, est le symbole d’un parc nucléaire européen périmé.

Sa fermeture ne doit être que le début d’une série de nombreuses fermetures de réacteurs en Europe pour limiter les risques accidentels, mais aussi financiers, liés au vieillissement des équipements et pour enfin lancer la transition énergétique.

Une anomalie sur le réacteur 2 de la centrale de Fessenheim, il est à l’arrêt depuis le 13 juin 2016.

Par ailleurs, en raison d’au moins neuf autres anomalies qui touchent le réacteur 1, ce dernier est souvent mis à l’arrêt et fonctionne de manière intermittente.

La centrale de Fessenheim ne produit quasiment plus d’électricité.

On peut prendre pour exemple le taux de charge de la centrale, qui représente le pourcentage d’heures sur l’année pendant lesquelles la centrale fonctionne à plein régime :

  • il est passé de 81% en 2015 à 53% en 2016
  • puis à 36,1 % en 2017

En additionnant les jours d’arrêts de chacun des réacteurs, on a pu constater :

  • en 2015 : environ 55 jours d’arrêts
  • en 2016 : environ 282 jours d’arrêts
  • en 2017 :  environ 458 jours d’arrêts

Les arrêts des réacteurs de la centrale montrent bien qu’une fermeture de Fessenheim ne mettrait pas en danger l’approvisionnement énergétique du Grand Est ni de la France. Sur la sécurité énergétique, il n’y a pas de débat. Le réseau transport électricité (RTE) a lui même été très clair. En 2012, il jugeait déjà que l’arrêt de Fessenheim était gérable.

En 2017, la centrale de Fessenheim n’a fourni que 1% de la production totale d’électricité en France. C’est bien moins que l’énergie solaire produite dans l’hexagone selon RTE.

La centrale de Fessenheim dispose de deux piscines d’entreposage du combustible usé dont la vulnérabilité face à des risques d’attaques extérieures est particulièrement élevée.

Fessenheim est un exemple parmi tant d’autres que le risque nucléaire ne connaît pas de frontières. Et que le risque lié aux centrales d’EDF concerne aujourd’hui des millions d’Européen-ne-e-s.

En faisant tout pour retarder la fermeture, EDF reste sourde aux demandes de nos voisins européens, préoccupés par la vétusté de nos centrales. Des inquiétudes qu’on ne saurait leur reprocher : Fessenheim est soumise à un risque sismique et située au-dessus de la plus grande nappe phréatique européenne.

Jean-Pierre