Dans le Cher, la promotion des 80 km/h..

Ouvert par une triplette de gendarmes à moto, le convoi s’étire le long de la route départementale. Dans l’un des fourgons aux vitres teintées voyage Edouard Philippe. Le Premier ministre et une bonne partie de son cabinet ont entamé mercredi un déplacement de trois jours dans le département du Cher. Le convoi roule, mais il roule sagement – un peu moins de 80 km/h...

Edouard Philippe le sait : voulue par lui, la future baisse de la vitesse maximum sur les « petites routes » est une mesure impopulaire. Pour mieux la défendre, il l’a appliquée d’avance à la petite armada de véhicules qui fend la campagne berrichonne.

Le gouvernement espère ainsi sauver entre 350 et 400 vies chaque année au plan national

Vagabondage

Mais à huit semaines de l’échéance, l’idée ne fait toujours pas recette dans le département.

« Ici, le terrain est plat, vous pouvez faire jusqu’à 45 kilomètres en ligne droite. Et les camions représentent une part importante du trafic : comment voulez-vous rouler à 80 km/h sur ces routes avec un poids lourd dans le dos ? Comment voulez-vous le doubler quand il est devant vous ? »

Hasardeux

Plutôt sécurisant, l’agenda d’Edouard Philippe l’aura mené d’ici vendredi dans plusieurs exploitations agricoles, une abbaye touristique et une maison de santé, ainsi qu’auprès d’éducateurs sportifs et de jeunes startuppers. C’est aux conseillers de Matignon que revenaient les séquences les plus exposées du séjour : déplacement dans un quartier défavorisé de Vierzon, visite de la maison d’arrêt du Bordiot, rencontre avec le personnel de l’hôpital de Bourges ou encore participation à un contrôle routier.

L’occasion d’un contact hasardeux, mais pour le coup très direct, entre conducteurs imprudents et apôtres des 80 à l’heure.

Zoé