Conso, boulot, dodo

Démonter la société de consommation

Ce que Freud appelle le principe de plaisir, c'est à dire de réaliser immédiatement le désir vient de plus en plus souvent possible au sens où quand on veut un bien de consommation, il suffit d'aller le commander sur son smartphone à porté de main et on peut l'avoir pratiquement le lendemain.

Il y a une urgence de la consommation qui est bien sur orchestrée, organisée. Où il faut se depecher de consommer parce que sinon la bonne affaire vient à disparaitre.

D'ailleurs sur internet on vous dit y a deja deux pesonnes qui sont interessées par cette chambre d'hotel ou il ne reste plus qu un exemplaire de ce que vous voulez et quelqu'un est entrain de regarder le site et risque de vous le prendre.

L'urgence est donc utilisé comme un moyen pour faire consommer.

La mode est une histoire de désir, il faut créer du désir et en fait le problème de ce désir qui est finalement un désir très éphémère, c'est qu'on va désirer un parfum parce qu'on a vu tel mannequin, on va désirer une robe parce qu'on a vu tel défilé ou tel star sur instagram et enfin de compte des qu on le possede et bien soit on est déçu soit il est zappé et on passe à un autre désir...

Et ce mode de consommation crée des habitudes psychiques qui créent une forme d'impatience. Car au moment ou le désir n'est pas satisfait immediatement on peut avoir une forme de frustration.

Donc finalement le comportement du consommateur va envahir toutes les autres relations possibles, tous les autres types de comportement.

Derriere tout çà, il y a des employés qui travaillent dans des conditions extrêmement dures et qui subissent une urgence au travail qui est là comme condition de possibilité du nouveau mode de consommation. Et c'est difficile de faire un métier quand on a l'impression que ce métier est juste vendre, vendre beaucoup plus, plus cher et jeter.

En fait c'est çà qui est insupportable comme idée pour un styliste.

C'est qu'en faite notre création serait jetable. Donc effectivement naïvement plus je paie quelque chose de très cher, plus je vais vouloir le garder longtemps parce que tout simplement il m'a couté.

Mais la vérité est que tout simplement si on achète quelque chose chez un jeune créateur, on achète quelque chose qui raconte une histoire, qui raconte l'histoire de combien de temps çà a pris pour être fait...

Cette façon de faire de la mode est plus proche de l'art, un artiste en fait passe toute sa vie à essayer de percer un mystère et va s'evertuer à être dans la recherche. Je trouve que c'est les processus les plus admirables parce que çà donne beaucoup de noblesse à la mode qui va au dela de la consommation pure et du désir éphémére.

D’où l’importance de se tenir à l’écart (tant que possible) de cette frénésie rationnelle du toujours plus. Une réflexion précieuse servie avec intelligence.

Zoé