Blue Whale Challenge

Un challenge internet qui tente de pousser les jeunes au suicide

Parmi les outils de mesure pour jauger « l'idiocratie » qui se répand dans nos sociétés modernes, on citera sans aucun, le « blue whale challenge » s’affirme comme le plus dangereux et morbide d’entre tous.

Il est nécessaire d'avertir quant à son existence afin d'adopter des comportements en conséquence pour éviter un drame. Parents, cet article s’adresse à vous. « 50 jours pour mourir ». Sous un nom en apparence innocent pouvant faire penser à une cause écologique, le « Blue Whale Challenge » recouvre en réalité une dimension perverse et morbide comme rarement internet n’en avait généré.

Ici, il s'agit d'un de manipulation destinée aux adolescents les plus psychologiquement fragiles et qui prend ses racines sur la toile. Une forme de « trolling » poussé à son paroxysme, pouvant mener à la mort.

En participant à ce « challenge » qui n’en est pas un, les adolescents acceptent d’obéir aux ordres d’une « baleine bleue » imaginaire, alias le maître du jeu chargé de lancer des défis aux « candidats » en mal de confiance en soi. Ces derniers doivent donc obéir coute que coute à ses ordres pendant 50 jours, à raison d’un ordre par jour. Tel un rituel classique, les défis sont de plus en plus risqués sans pour autant en informer le jouer qui s’engager sur l’honneur à aller jusqu’au bout. On passe rapidement du simple « dessine une baleine » aux injonctions à se scarifier pour ensuite augmenter chaque jour la prise de risque (en se rendant en haut d’une grue, par exemple) jusqu’à l’apogée : la sommation pure et simple de se suicider.

C’est là que le nom du « jeu » trouve son sens : il s’inspire d’une légende selon laquelle le cétacé serait capable de se suicider en s’échouant volontairement sur une plage.

Une manipulation sinistre née sur internet

Vraisemblablement apparu en Russie en 2015 sur le réseau social VKontakte, le « Blue Whale Challenge » serait responsable de la mort d’au moins 80 enfants entre novembre 2015 et avril 2016, estime vaguement un journal Russe. Sur différents groupes intitulés « f57 » ou citant la fameuse « baleine bleue », de jeunes ados discutent chaque jour, postant parfois des annonces pour recruter leur « tuteur », qui les « guidera » à travers les 50 jours du défis. Mais sur les groupes, ce sont aussi de nombreuses photos de mutilation qui circulent. En novembre 2015, la photo d’une jeune fille est partagée sur le réseau social russe : il s’agit d’Irina Kambaline, qui vient de se jeter sous un train…

Touchant particulièrement les jeunes entre 12 et 15 ans, les instigateurs du « BWC » misent sur la fragilité psychologique de certains ados. Le but officieux ? Se débarrasser des jeunes « assez naifs » pour accepter un tel jeu. Philipp Budeikin, considéré comme l’un des créateurs du challenge, écrivait : « Il y les gens et il y a des déchets biologiques. (…) Je nettoie la société de ce genre de gens. » L’homme sera arrêté avec deux autres personnes fin 2016 en Russie pour incitation au suicide.

Comprendre et agir

Besoin de reconnaissance, recherche de sentiment d’appartenance ou de sensations fortes peuvent pousser certains jeunes à vouloir tester ce type de jeu. Interpellé sur la question, le réseau social VKontakte a banni toutes les communautés concernées par le Blue whale challenge. Les comptes d’individus se revendiquant comme « tuteurs potentiels » sont désormais automatiquement bloqués. Sur Instagram, où circulaient aussi certaines photos de scarification, il est désormais impossible de rechercher les termes associés au challenge sans voir s’afficher un message d’alerte qui redirige vers une association d’aide aux personnes suicidaires. Les parents n’ont apriori pas de raison de s’alarmer en France, mais conserver une bonne communication avec l’enfant et être à l’écoute de ses éventuelles angoisses existentielles semble une évidence pour tous.

Enfin, il sera inutile de blâmer internet pour la déviance d’une poignée d’individus. Si ce challenge morbide aurait manipulé tout au plus une dizaine d’adolescents français, la riposte est elle aussi venue des réseaux sociaux.