Asterix, l'invincible Gaulois

Le succès d'Astérix

Tous livres confondus le dernier Astérix et la Transitalique sera le plus gros tirage de l'édition française en 2017 avec 2 millions d'albums disponibles en France. L'éditeur espère en vendre 5 millions dans le monde entier. A titre d'exemple le dernier Titeuf a été tiré à 1 million d'exemplaires.

Depuis sa création, 375 millions d'albums d'Astérix ont été vendus dans le monde. Plus fort que Tintin avec 230 millions d'exemplaires écoulés, le film Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre fait jeu égal avec Avatar avec 14,5 millions de téléspectateurs. Enfin le parc d'attractions dédié au Nord de Paris fait plus d'entrée que le futuroscope de Poitiers.

Depuis quand çà dure ?

Depuis près de 60 ans, la première planche paraît dans le magazine Pilote le 29 octobre 1959. Deux ans plus tard sort le premier album Astérix le Gaulois, cosigné par René Goscinny et le dessinateur Albert Uderzo. Avec 6000 exemplaires le tirage reste très modeste. En 1964, Asterix et le Gladiateur, le quatrième album, le nombre d'exemplaires est multiplié par 10 et les 100 000 ventes sont atteintes en 1965. Astérix le Breton, le tome 8 se vend à 900 000 exemplaires. Une trajectoire ahurissante qui attise la curiosité des médias.

C'est bien un phénomène de société, le grand publique s'approprie les expressions lues dans les albums. « La potion magique » , « il est tombé dedans quand il était petit » , « Ils sont fous, ces Romains ! » passent dans le langage courant.

Le premier satellite français lancé en 1965 est même baptisé Astérix par les ingénieurs du Cnes. Pas de doute Astérix est définitivement sur orbite.

Astérix et les profs

A l'origine, la bande dessinée a mauvaise presse auprès de l'Education nationale qui l'a considère au mieux distrayante, au pire abêtissante. Mais dans les années 60, Astérix contribue à redorer le blason de la BD. La qualité des scénarios, les différents niveaux de lecture, la finesse de l'humour, les dialogues ciselés, en un mot comme en cent, le talent de René Goscinny donne à Astérix une épaisseur littéraire assez inédite pour l'époque.

Toutefois, si la rigueur d'écriture est indéniable, les erreurs historiques pulullent : on parle souvent de l'empire Romain, alors qu'à l'époque de ce bon vieux Jules César, Rome est une république. Dresser les menhirs date de 6000 à 2500 ans avant J.-C donc bien avant Obélix. Les Gaulois ne mangeaient pas de sangliers, leurs maisons n'étaient pas rondes et n'avaient pas de cheminées.

Ces conneries ne gênaient pas René Goscinny, dont le but était de faire rire, pas d'enseigner l'histoire. Aujourd'hui, les profs d'histoire sont bien d'accord et considèrent plutôt Astérix comme une porte d'entrée vers leur discipline. Ils ne sont pas les seuls. Les citations latines notamment celles du pirate Triple-Patte font les délices des profs de latin, et les différentes traductions sont également utilisées par les enseignants d'anglais, d'allemand ou d'espagnol. Oui, la BD en générale et Astérix sont la bienvenue dans les salles de classe. D'ailleurs des écoles, des collèges portent le nom de René Goscinny, une belle reconnaissance par Toutatis !

La série hors de Gaule

Il se vend presque autant d'albums en Allemagne qu'en France (120 millions en tout) ! Dès 1963 avec Astérix et les Goths, nos voisins allemands se prennent de passion pour la série.

Les Pays Bas, la Belgique, l'Espagne et le Portugal sont aussi grands amateurs d'Astérix. Nul doute que la sortie d'Astérix en Hispanie ait contribué à l'intêret espagnol.

La série possède le record du monde des traductions et est lisible dans pas moins de 110 langues ou dialectes. Comme quoi l'humour n'a pas vraiment de frontières. Une bonne part au mérite des traducteurs, pas facile en effet de traduire les calembours ou même les noms si drôles des personnages comme le barde Assurancetourix, Troubadix, Cacofonix, parcourir les traductions est déjà matière à passer un bon moment.

Comme le dit si bien Astérix dans la Grande Traversée : « Nous aimons rigoler ! Bref... nous sommes des Gaulois ! »