22 mai, liberté

L'esclavage aboli en Martinique depuis 169 ans

Alors que le décret Schoelcher d’abolition de l’esclavage est pris à Paris le 27 avril 1848, la nouvelle met quelques temps à atteindre les différentes colonies françaises, même si elle arriva plus vite que les planteurs esclavagistes ne l’auraient souhaité. Ainsi, en Martinique, le jour de commémoration :

Renvoie au 22 mai 1848, date d’un soulèvement d’esclaves à Saint Pierre. Car les esclaves sont au courant, les informations circulent entre les deux côtés de l’Atlantique. Le décret du 27 avril prévoyait l’abolition de l’esclavage deux mois après pour garantir la récolte de la canne à sucre

Mais en Martinique, les esclaves, informés des décisions parisiennes, imposent leur propre calendrier. Le 23 mai, le gouverneur de l’île décide d’abolir l’esclavage sans attendre l’arrivée officielle du décret, qui concerne des milliers esclaves. 

\_o<~~ Ces dates « sont surtout connues localement ».

Conformément au décret, les planteurs reçoivent une indemnité forfaitaire. Ils tentent aussi de reprendre la main en sanctionnant le « vagabondage » dans les îles à sucre : c'est une façon d'obliger les anciens esclaves à souscrire des contrats de travail. Elle se traduit par un regain de l'activité économique dans les colonies.

Une histoire aussi longue et complexe que des siècles d’esclavage et de traite transatlantique ne peut certainement pas se résumer en un décret ou une date. C'est pourquoi les Martiniquais commémorent par un jour férié non pas l’application locale du décret, mais la révolte de Saint-Pierre.

En mettant un terme à ce système ignoble qu’a été l’esclavage, une avancée décisive dans l’histoire de l’humanité dans sa marche vers la justice et le progrès a été franchie.

Jean-Pierre